PASSE COMPOSE

Marie Jacquette Le Bris ou Sœur Saint Ernest

Missionnaire1861-1923

Cette biographie s’appuie sur  la nécrologie de Sœur  Saint Ernest, les informations fournies par l’archiviste de la congrégation à Saint Denis ainsi que sur des documents de la famille.

Marie Jacquette Le Bris nait  le 08 avril 1861 à Bannalec. Une famille de cultivateurs de père en fils, enracinée à Kéros depuis au moins un siècle. Ses parents : Thomas Yves Le Bris 1829-1870 et Marie Louise Pustoc’h,  1833-1913, originaire de Saint Thurien.

Marie Jacquette est la quatrième d’une fratrie de 6 enfants.  Elle a 9 ans quand son père décède en 1870 le 6 novembre ainsi que son petit frère Louis Marie le 18 novembre. Ont-ils été victimes de l’épidémie de variole qui sévit cette année là et responsable d’environ 250 morts à Bannalec (voir Wikipedia) 

Très tôt elle manifeste sa vocation religieuse. Sa mère accepte qu’elle parte au pensionnat de Gourin chez les sœurs de Saint-Joseph de Cluny, appelé le couvent bleu  en raison de la couleur bleue de la robe de ces religieuses.

Un mot  sur cette congrégation installée à Gourin depuis le 12 mai 1862. Les sœurs de Saint Joseph de Cluny se consacrent à l’éducation, aux services sociaux et aux soins des malades. Pour encadrer les nombreux élèves à la fin du XIXe siècle, de 30 à 40 religieuses étaient présentes à Gourin. Elles y avaient à la fin du XIXe siècle un noviciat  : 24 jeunes filles en 1897 y prirent l’habit avant de partir missionnaires dans les colonies françaises.

Mais revenons à Marie Jacquette Le 4 septembre 1882 à 21 ans elle fait profession à Paris sous le nom de Soeur Saint Ernest .Elle choisit l’enseignement.

Son éloge funèbre obtenu auprès de l’archiviste de la congrégation basée à la Réunion nous renseigne sur son parcours.

Quelques mois après sa profession de foi, en 1883, c’est le départ pour St Louis du Sénégal où elle est « à la tête d’une classe et est nommée assistante de la communauté ». La maison de la congrégation abritait une école de filles et un dispensaire.

Après « un passage au noviciat de la Maison mère également comme assistante », elle est affectée au Portugal comme maîtresse de français de 1903 à 1910.

 On peut imaginer son périple à une époque où les liaisons aériennes n’existaient pas.

La carte du monde en 1880

1910 : l’année où elle est envoyée à la Réunion comme Supérieure de la Communauté du  Tampon « où nous avions  une école libre, un externat et une classe de petits garçons »

La réunion a été la première terre de mission de la  Congrégation des soeurs de Saint-Joseph de Cluny.  Fondée en 1807 par Anne-Marie Javouhey , (1779-1851) la congrégation s’est installée à Bourbon en 1817.

En 1911, Marie Jacquette Sœur Mère Saint Ernest se fracture la jambe,  reste immobilisée pendant de longs mois et en demeure impotente.

Cela n’empêche pas que fin 1911 elle devient mère supérieure de la communauté de St André. « Outre la direction de la communauté elle s’occupe des élèves du brevet élémentaire ».

Elle décède à Saint André de La Réunion le 14 février 1923. Ses dernières volontés sont honorées: transmettre son chapelet à sa filleule et nièce Anne Le Bris.

Eloge funèbre

Christine Le Duigou